le 10 mars
Arrivée chez Norauto à 18 h 55, nous achetons en vitesse un jeu de barres de toit pour l'Espace 2, les plaques minéralogiques et trois bricoles pour les deux voitures.
Direction le grand magasin d'Edouard pour les victuailles du voyage et retour à Coulmier sous une pluie battante et des rafales de vent violent. Pour Val qui découvre la conduite de l'Espace, avec le spectre de la chauffe moteur et des phares plutôt mal réglés, c'est un baptême assez rude.
Arrivé à la maison, je me lance dans le montage des barres de toit et du coffre, puis je remplis de ce nous avons besoin : le matériel de plongée!!!
Échange des sièges défectueux dans l'Espace 2, on charge : micro-ondes, poêles, machine à coudre, etc.
1h00 du matin, je pose les plaques sur l'Espace 1 et les remorques. Dodo !
Mardi 11.
5h30 le réveil sonne, nous émergeons assez vite car nous prévoyons de partir à 6h00. Une tasse de chocolat puis j'attèle la remorque derrière la voiture de Val. Je sors le bateau, le sangle et hop, derrière ma voiture. Et nous voila en route. il est 6h45 (c’est exactement l’heure à laquelle je savais que nous quitterions enfin cette maison). Après quelques kilomètres, l'autoroute. Nous roulons tranquillement mais Val me signale que sa voiture peine trop, je retire les trois vélos des petits et les mets dans le bateau : ça va mieux.
À Macon, je m’arrête pour faire le plein mais Val n’a pas bien compris et disparaît. Je me retrouve avec mon plein fait mais que je ne peux pas payer car c’est elle qui a l’argent. Élodie court sur le parking pendant que je fais appeler le peloton de gendarmerie de la sortie suivante car je pense alors qu’elle a continué sa route et il faut l’intercepter pour qu’elle me donne de quoi payer mais Élodie revient, essoufflée, Val est garée à l’autre bout de cet immense aire de services. Je mets fin à ma demande d’aide aux gendarmes et nous repartons. Je ne parle pas à Val de ma frayeur, c’est du passé et elle a déjà bien du mérite.
A Lyon, les camions se suivent sans laisser l'intervalle réglementaire et roulent comme des cinglés, nous serrons les fesses et réussissons à ne pas nous séparer.
La montée vers le tunnel du Fréjus est pénible car il neige, ça grimpe fort et les vieux circuits de refroidissement entartrés de nos Espaces montrent leurs limites. Sur le parking du péage du tunnel, nous faisons une pause capots ouverts, ça tient!
Je m'engage le premier dans le tunnel, zut, la sécurité envoie une file de camions derrière moi, je ne vois plus Val, j'espère que ça ira pour elle, ses nerfs sont mis à rude épreuve. A la sortie, je me gare et l'attends avec impatience. Au bout de quelques longues minutes elle émerge enfin et vient se garer derrière moi, ouf, je la serre dans mes bras, je l'aime!
De l’autre coté des Alpes la météo change d’un coup et le soleil fait enfin son apparition au milieu d’un ciel maintenant sans aucun nuage.
La descente vers Turin se passe bien, les voitures refroidissent mais le périph est une jungle. Je connais Paris, j'y roule fréquemment mais ici, c’est mille fois pire : les Italiens sont vraiment tarés, excès de vitesse permanents, slaloms, queues de poissons, je manque de me faire pousser plusieurs fois et Val emploie les enfants à me chercher des yeux pour surveiller mes changements de files.
Ma chérie est à bouts de nerfs, les petits sont agités et se tapent dessus, l'heure tourne et elle s'inquiète de nous voir manquer l'embarquement. Je la rassure, nous avons du temps devant nous et plus nous nous rapprochons du but plus la précision de l'horaire s'affine. Je prends les petits avec moi pour la soulager et nous entamons notre descente vers Gênes.
J'aperçois Val qui me fait des appels de phares puis elle me double et me signale que sa voiture a soif. En fait, à l'arrêt précédent, je n'ai pas compris qu'elle voulait refaire le plein et elle est limite. En fait, je remets 50 litres dans son réservoir de 63 litres. Sa fatigue s'accumule, il est temps que nous arrivions.
Gênes : les mêmes fous du volant et une ville tentaculaire avec des bretelles d'autoroute dans tous les sens. Maëlan doit veiller sur nous car je ne me trompe pas et j'arrive du premier coup à l'embarquement du ferry. Il est 19h15. Nous avons trois quarts d'heure d'avance.
Nous savions que cette première journée de voyage serait la plus éprouvante, elle ne nous a pas déçus. Val a été exceptionnelle, conduire une voiture nouvelle, avec le risque permanent de la panne de moteur, avec une remorque surchargée, au milieu d’une circulation démentielle, une météo pourrie, les enfants qui savent mieux mettre la pression que toute autre chose, moi qui tire devant en essayant de ne pas lui créer trop de difficultés mais quand même, sur presque 800 kilomètres avec les crochets… Je ne sais pas comment lui témoigner mon sentiment d’admiration et de fierté.
Il est 20h00, nous embarquons sur le ferry.
Coucou les poulettes
Je prends la suite car honnêtement vu l’heure où nous nous sommes décidés à vous écrire, et pour tout vous dire, je me suis endormie avant qu’Alain ait fini.
Donc embarquement sans problème, juste que j’ai voulu monter la rampe du bateau en seconde et que j’ai bien cru que cette fois le moteur allait me lâcher.
Nous avons déposé Cougar au Chenil (une cage au dernier pont du bateau) avec pleins de roquets à mémère avec des tee-shirts (si si je rigole pas) qui braillent. Même les chiens en Italie ils crient ! ! ! ! Chiffon est dans une chatterie, il est tout seul.
Nous prenons enfin possession de nos cabines, une douche chaude, casse croute, pomme et hop les gamins au lit.
Alain et moi prenons une heure pour assister au départ du bateau sur le pont arrière. Là ce fut assez dur pour moi, les peurs, les nerfs, les angoisses je quittais MON continent maternel, ma maison ma vie pour une vie, bien sûr tellement racontée par mon chéri mais tellement inconnue pour moi. Je suis fatiguée, je craque, le nez au vent je vois les lumières s’en aller. J’ai une peur bleue du bateau, déjà il y a deux ans pour aller en Angleterre j’avais angoissé pendant 1heure, alors là savoir que je partais pour 20 heures, c’était trop pour moi. Crise de larme, angoisse, frayeur de ce bateau qui je trouve bouge beaucoup trop.
23h00 nous prenons le temps de nous asseoir au piano bar et de boire un cocktail de fruits. Je me détends, le bateau avance mais en fait il ne bouge pas trop, nous sommes encore près des cotes et il n’y a pas trop de houle.
Nous retournons à la cabine, et on va écrire notre journée aux copines. Et là les couloirs bougent et on a plus de mal a marcher, je panique, je ne croyais pas que ça bougeait autant un si gros bateau. Je me couche, toujours paniquée et je craque encore. J’ai peur, c’est idiot mais c’est comme ça. Alain s’allonge un peu près de moi mais les cabines ne sont pas équipées de lits deux places alors il finit par retourner dans sa couchette. A près avoir fini de vous écrire.
Je me réveille de nuit, le bateau bouge moins, je suis rassurée je me rendors. Sur le matin, je somnole, puis le bateau se remet à bouger et je psychotte, tempête ??? Problème ??? je fond en larmes et puis je tente un « chéri ?? » et là soulagement Alain non plus ne dort plus. il vient près de moi et me rassure. Il remplit un verre d’eau et me montre que l’eau ne bouge pas donc le bateau non plus c’est juste mon cerveau qui a du mal a équilibrer. Je le crois sur parole il a passé plus de temps que moi sur des bateau il sait ce qu’il dit. Et puis si je ne lui fais pas confiance qu’est ce que je fais à 1000km de chez moi alors ??
Je vais mieux.
Petit dej dans la cabine avec Max et Léo.
On sort sur le pont arrière et là, SOLEIL, CIEL BLEU air marin, les gamins en ont pleins les yeux, c’est génial. La mer bleue à perte de vue. Ce qui m’angoissait hier, me détend ce matin. Je souris, j’aime ça, je me sens bien. On monte sur le dernier pont pour voir si à l’avant il n’y aurait pas de dauphins, non ils dorment encore.
Nous sortons Cougar, qui va devenir fou à cause de ces braillards de chiens italiens, il boit, et évidemment pipi caca s’en suivent. Rien pour ramasser, Alain prend son courage à deux mains, (si je peux dire) et ramasse les crottes à la main et les jette par-dessus bord, ben quoi faire d’autre ???? Max nous sort un « ça fera à manger aux poissons !! »
Nous rentrons, un café, une brioche (croissant en pate à gâteau) et on repart pour visiter le bateau et étudier les prix des restos du bord pour ce midi.
Il est onze heure nous sommes dans le piano bar pour vous écrire, ça va.
Les enfants visitent le bateau mais le ciné est en italien, la télé aussi et à la bibliothèque y’a rien de français ! ! ! !
Ils sont déçus.
On vous remet un mot ce soir depuis l’hôtel si on est pas trop fatigués ou demain matin.
Notre mini croisière se poursuit tranquillement tout de même.
18h00 : arrivée à Palermo. Nous débarquons dans un truc inimaginable. Vous êtes prêtes ? 4 files de voitures cul à cul mais à 80 en ville, pas de clignotant, limite pas de stop ni de feux rouges, priorité : à droite ou à gauche ?, les scooters devant (facile), derrière, à gauche, à droite, non devant, et celui de derrière qui est à gauche, non devant, non à droite, il s’arrête, je pile, on repart pour 100 mètres et ça recommence pendant 20 kilomètres. Val suit, péniblement, j’imagine.
Enfin, l’autoroute… devant nous la côte est de la Sicile au bout d’une route superbe… sauf que les terrassiers italiens ne savent pas raccorder les tronçons et tous les cinquante mètres, bong-bong, bong : les roues avant, les roues arrières, la remorque dans le trou. 200 kilomètres de ce traitement, comment Val et Katell’Ann vont-elles supporter ça ?
Val est passée devant et me donne la vitesse qui lui va et nous roulons donc un peu plus vite. Je la double juste avant Catania pour lui indiquer le bon chemin grâce au GPS. nous obliquons vers le sud, Syracuse (j’aimerais tant voir Syracuse…, chante Henri, c’est moche des raffineries, lol) puis soudain, plus d’autoroute. Pas grave, j’ai le GPS ! Et bien non : il se plante de route et nous voila sur des petites routes cabossée et tortueuses à souhait. Bor..l ! Et toujours les italiens et leur sens parfait du code de la route. Il me semble pourtant que Fangio était argentin ! ! ! Il a fait des émules ici, ligne continue, je double (non pas moi, eux), une voiture en face, elle n’a qu’à se pousser parce que je double (non pas moi, eux), je me rabats, trop près, et bien freine, JE TE DOUBLE (non pas moi, eux), et d’abord, la route est à moi, à moi tout seul (non pas moi, eux). La je crois que Val a voulu me casser la figure, parce que j’ai doublé (non pas eux, moi) une mémère qui se trainait à 50. Heureusement qu’on n’était pas dans la même voiture. D’ailleurs, elle m’a copieusement enguirlandé mais je lui pardonne car c’est vraiment difficile, ce que je lui fais faire.
À 35 kilomètres de Pozzallo, je suis le GPS qui me ramène sur l’autoroute quand soudain devant moi un filet rouge en travers de la route. Je pile. Un choc. Le piquet en fer qui tient le filet debout vient de percuter la voiture, ou l’inverse si vous préférez. Il est où, le panneau qui me dit que la route est barrée ? NULLE PART, Y’EN A PAS. Je fais demi-tour, Val me demande si ça va. Ça a l’air. Je lui dis la distance qu’il reste à parcourir, je pense à son état, elle doit être exténuée. Nous n’avons toujours pas vu un seul panneau qui annonce notre destination. Géniale, la communication ici.
À un carrefour, je stoppe une voiture et lui demande mon chemin car le p….n de truc sensé me dire où je vais, me dit de tourner à droite et je crois qu’il faut tourner à gauche. J’ai raison me dit gentiment un sicilien. Enfin, Pozzallo, je rentre l’adresse de la chambre d’hôte et nous arrivons.
J’envoie Val et les enfants se reposer. Je gare les deux voitures, détache les vélos, les rentre ainsi que le compresseur de plongée dans la maison. Gaetano, notre hôte, me dit qu’il n’y a pas de vol mais qu’il ne faut pas tenter non plus, nous sommes bien d’accord. Il nous offre un verre de vin d’amande, Val prend un verre d’eau. il est plus d’1h00 du matin. Il fait chaud dehors. Val s’est endormie, bonne nuit, je vais faire comme elle.
jeudi 13 mars 2008
Réveil tranquille vers 9h30, Gaetano, notre hôte prépare le petit déjeuner : chiffonnade de jambon, mozzarella, jus de fruits, pain italien, beurre, confitures, café, lait, croissants fourrés à la confiture de cerises. Tout ça nous prend une bonne heure et nous remplit l’estomac.
Val a dormi comme un bébé et se remet du voyage, il me semble. Enfin, décider de cette journée de repos a été une bonne idée.
Promenade en ville et sur le front de mer, nous vous avons fait des photos. Dans un jardin, nous admirons un citronnier dont les plus gros fruits doivent assurément dépasser 1 kilo, ils sont plus gros que des melons, je n’ai jamais vu ça et comme vous n’allez pas me croire, j’ai pris Val en photo à côté du citronnier! Les enfants trouvent un petit poulpe dans une mare, ils sont étonnés, je leur en montrerai de plus gros quand nous irons plonger.
Nous passons au bureau de la compagnie de ferry et réussissons sans problème à modifier notre horaire de passage pour demain : 9h15 au lieu de 19h30.
Vu la taille du petit déjeuner et l’heure tardive, nous ne mangerons pas à midi mais nous nous offrons une gelata (une glace) à 1€50 par personne, ça va. Petite balade dans la rue principale, les commerces attirent les enfants, puis nous voyons une pharmacie et je n’en crois pas mes yeux elle annonce, tenez vous bien, 24°C…. Si si je vous jure ! ! ! et ben ça promets pour le 15 août, bien joué les bodies à bretelles pour la pépète !!!!! Dans une supérette, nous nous arrêtons acheter des biscuits pour le gouter et du coca. J’ai envie de limonade, nous cherchons et Alain demande à la caissière, elle lui répond « c’est de la limonade monsieur !!! » Waouhhh elle parle français, sans accent, après deux minutes de conversation nous apprenons qu’elle est née en France, Ouf ça fait du bien !!!! 50 mètre plus loin nous tombons sur la « Via Bellini », petite rue de Pozzallo, ça fait drôle de voir son nom sur une plaque de rue ! ! !
Cet après-midi, nous nous reposons, les trois filles sont parties chercher des coquillages au bord de l’eau. Le chien, le chat, le cochon d’inde et le rat se portent bien, finis les trouilles du chenil pour les uns et les soutes du bateau pour les autres.
Après-midi, sieste, enfin presque parce que personne ne souhaite vraiment que Val se repose. Sales gosses ! ! !
En soirée, nous flânons dans les rues de Pozzallo, à la recherche d’un endroit où acheter des pizzas (il est nul mon ordi, parce que le pluriel de 1 pizza c’est plusieurs pizze et puisque c’est vrai je le mets dans mon dictionnaire) On a trouvé une rostisseria et on a mangé des calzone et des pizze pour 13 € à 7. Ensuite on a trouvé des mini choux à la crème au chocolat, les 20 pour 4€20 et 2 coca 3€ ! ! Il vaut mieux avoir faim que soif !
Douche pour les enfants et au lit.
Demain, réveil 6h30, petit déjeuner à 7h00, accompagné de coculine pour les enfants !!!
Vendredi 14 mars
petit déjeuner aussi copieux que la veille, nous disons au revoir à nos hôtes et prenons le chemin de l’embarcadère. Dans la file d’attente, nous faisons la connaissance d’une française qui ouvre des chambres d’hôtes sur la même ile que nous, c’est sympathique, car nous ne voyons pas le temps passer. Ni dans la file d’attente ni dans le bateau.
Le ferry est un gros catamaran, c’est une horreur, ça bouge énormément. Même Léo qui n’a rien dit sur le gros bateau a mal au ventre. J’essaie de tenir le coup, j’ai des remontées acides.
Nous apercevons Malte, j’ai l’impression d’avoir remonté le temps et d’arriver au moyen-âge. Je vois des remparts, des forteresses, des tours, des balcons qui surgissent de la muraille, enfin c’est trop dur à expliquer, regardez les photos ! ! !
à la descente du bateau, nous prenons contact avec le service vétérinaire. Un petit fonctionnaire inspecte les papiers de Cougar, nous pensons être en règle mais la prise de sang est trop récente pour eux et il nous annonce que notre chien doit rester en quarantaine pendant 1 mois. Nous essayons de négocier le plus gentiment du monde mais il campe sur sa position tout en nous donnant sous le manteau la marche à suite pour essayer de faire céder son directeur et de récupérer Cougar au plus vite. Faut-il le croire ? Chiffon, notre chaton de 5 mois subit le même sort. Je suis anéantie et je fonds en larme. Une jeune femme de l’équipage du ferry essaie de me consoler en vain. Alain part avec l’employé de l’administration vers la fourrière de quarantaine… La fourrière se situe dans la zone aéroportuaire de Luqa, chaque animal y est « logé » dans un grand box de 6 mètres carrés, à l’ombre, avec une pelouse devant et des arbres.
Nous partons en direction de l’île de Gozo, les routes sont dignes des chemins de sentiers méridionaux. Les voitures sont soit à la limite de l‘épave soit de grand luxe. Suivant leur état, elles roulent de 20 à 100 km/heure, c’est effrayant. Nous arrivons au port, une petite demi heure d’attente et nous embarquons sur le ferry qui rejoint Gozo, je me dit, c’est le dernier bateau, j’ai moins peur que les deux premières fois et puis je me dit que ça ne peux pas être pire que le catamaran du matin. Gozo, nous y sommes, il nous reste 12 petits kilomètres avant d’atteindre Xlendi, je vous passe l’état des routes, si quelqu’un veut s’associer avec moi pour une entreprise de TP du genre Colas, nous serons millionnaires dans moins de 6 mois. J’aperçois un bâtiment qui me semble familier, OUI c’est l’hôtel, celui que l’on voit sur les photos de la baie. Et là, le panorama change, mer bleue gris, paysage balnéaire. C’est beau, j’en ai les larmes aux yeux. Je suis fatiguée, j’ai du mal à montrer mon plaisir à être ici. Nous nous arrêtons au centre de plongée pour dire bonjour et récupérer nos clefs. Ils sont encore tous là ; les patrons d’Alain, Joe le bon vivant, Diana, la maman par intérim et Marc, le grand ami d’Alain, celui avec qui aucun soucis à se faire, il dit tout de suite, le bon comme le mauvais. Nous récupérons les clefs, les consignes et nous nous dirigeons vers notre appartement. Cet appartement en fait est de face une petite maison, toute en longueur comme les maisons d’ici, sauf que le village étant posé sur une colline, il y a des appartements en dessous. en fait nous sommes au troisième de la rue de devant et au rez-de-chaussée de la rue de derrière (pas simple hein !!!!).
Enfin, nous déchargeons en une heure ce que nous avons mis 3 jours à charger. Chacun récupère son carton, sa valise, Maëlan va séjourner dans notre chambre en attendant de lui trouver une meilleure place. L’appartement est normalement loué à la semaine à des vacanciers, la propreté est limite. J’aurais du emmener Maette, Cécé et Cœur pour m’aider !!!!!!! Nous partons faire quelques courses histoire de manger. Régime légumes et anglais, on va s’y faire. Nous prenons un minimum car Alain connaît des petits producteurs de légumes. Nous rentrons manger, laver les enfants et faire les lits.
Une grande nuit nous attends
Samedi 15 Mars
Réveil avec les oiseaux, vers 8h30. J’entrouvre le rideau le ciel est d’un bleu fantastique, pas un seul nuage. Coup de blues, comment mon chien a-t-il passé la nuit ?? Que doit-il penser, que nous l’avons abandonné ?
Nous décidons de retourner au supermarché pour acheter de quoi nettoyer les fauteuils du salon car Léonie qui a dormi dessus s’est faite piquée par des bébêtes. Nous passons par le centre de plongée, leur amener les bouteilles de vin (bourgogne oblige) que nous leur avons apporté. Léonie achète une carte postale pour son maitre et ses copains. Mark le responsable du centre annonce à Alain qu’il est heureux de notre décision de vivre ici, et de ne pas repartir et qu’il souhaite lui confier son ancien poste de responsable des instructeurs, pilote du bateau et souhaite le former un grade voir deux au dessus pour qu’il devienne formateur des instructeurs. C’est une super nouvelle pour nous ! ! ! ! Alain doit passer sa visite médicale rendez vous est pris selon Joe à 16H30, chez Mario le médecin de famille et médecin de la plongée de l’ile. Nous partons en courses, et là moments épiques : 1) le boulanger de Fontana, on passe la porte et on entre dans un fournil, direct, ça sent bon le pain, les miches de pain sont en vrac dans un pétrin en bois, et des pains de toutes les formes sont posés sur les étagères. Nous passons commande. C’est génial. 2) le marchand de légumes, nous rentrons dans une toute petite boutique devant laquelle est garé un camion avec des cagettes en plastique on choisis, on paie. Les légumes sont superbes et arrivent en direct du potager. 3) le « supermarket » est en fait un magasin aménagé au rez-de-chaussée des maisons. Nous faisons nos courses de produits ménagers car je compte bien astiquer la maison de fond en combles. A la caisse la dame nous dit, en sortant prenez donc une douzaine de canettes de Ice Tea, à droite !!!! Hein ??? j’ai pas bien compris je la fait répéter et si c’est bien ça. …..
Nous partons à la recherche d’un gâteau d’anniversaire pour Léonie qui a 8 ans aujourd’hui et nous demande depuis son réveil si elle aura ses cadeaux à midi ou le soir. Par malchance la pâtisserie comme nous connaissons n’existent pas ici.
Nous rentrons la mort dans l’âme en annonçant à la petite qu’elle n’aura pas de gâteau. Je n’ai rien pour en faire un moi-même et tout est fermé à cette heure ci.
Les propriétaires de la maison passent nous voir, et nous amener le septième lit. Nous discutons sur le perron lorsqu’un rat aussi gros que le notre sort d’une broussaille et s’enfile chez nos voisins d’en face, des irlandais sympa qui ont deux gros chiens blancs. D’un seul coup j’entends le rat couiner, et un des chiens lève la tête, les babines rouges de sang et la tête du rat qui pendouille. BEURK ! ! ! ! Bon ben on sait à quoi s’attendre, au moins pas de rat vivant dans le quartier. L’après midi nous partons pour le médecin, avec Max qui tousse comme un condamné depuis le matin. 16h30 nous arrivons, cabinet fermé ?!?!?! Alain ose frapper à la porte de la maison du médecin qu’il connaît très bien. Celui-ci est heureux de le revoir. Il nous ouvre le cabinet. Visite médicale Alain est apte pour le service. Il regarde Max et me prescrit un sirop. Et puis je lui demande de m’indiquer un gynécologue pour mon suivi de grossesse, il me demande ou j’en suis, 30 SA, OK, pas de gynéco, mais équipe obstétricale directe pour préparation et fin de suivi. Il me fait un formulaire de prise en charge de sa part pour l’hôpital ou il me dit de me rendre demain (dimanche ??? oui, oui) J’espère que mon dossier va bientôt arriver. JE suis soulagée. En partant nous passons par la plage, le sable est rouge comme du paprika presque. Puis on repasse par la ville et hop je revois une boutique où on peut lire Pâtisserie en français, on saute de la voiture et on entre, on a notre gâteau d’anniversaire, 12 personne, chocolat, super déco pour 10€. Je n’en crois pas mes yeux. Il a gagné des clients.
Soirée Anniversaire pour Léonie, nous décidons de ranger nos paquets dans notre chambre, je m’installe sur le lit, Alain range, je m’endors il n’est même pas 22h00.
Bonne nuit.
Dimanche 16 mars
Premier jour de travail pour Alain. Réveil 7h00 mon homme me fait le petit déjeuner et revient me lever vers 7h20. Petit déj. en amoureux. Je l’espère pour midi, il me rassure « je serais là vers 12h-12h15 ». (Il est 12h30 quand je vous écris mais il est toujours pas là, j’imagine qu’il doit tant avoir à faire en bas que le temps passe trop vite) Il est heureux, il a changé, ses yeux brillent, je l’aime. Ce matin, un peu de devoirs pour tout le monde, je sais on est dimanche mais personne n’a travaillé depuis lundi dernier donc…… Dictée et opérations pour les petits, rédaction en anglais pour les grandes sur le voyage. Je vais décharger les photos de l’appareil et les préparer pour les mettre sur le site. Il est 13H00, nous n’attendons plus Alain, nous mangeons. Fin du repas, je fais la vaisselle et je m’allonge. Je trouve un livre sur le monde sous marin méditerranéen, je me mets à lire. Je suis réveillée par mon chéri qui rentre du boulot il sourit, on dirait une allumette avec son méga coup de soleil sur le front !!!! Vous verrez les photos, je me moque, mais il s’en fout !!!. Il est 14h30. Alors ?????
Je lui laisse vous raconter…….
Arrivée au centre avec ½ heure d’avance. Puis Joe et Diana arrivent, je dois accompagner l’instructrice qui dirige la sortie d’aujourd’hui avec 3 clients. C’est en fait mon check (plongée de contrôle), normal. Donc une journée pour rien financièrement mais pour le plaisir et reprendre mes marques. Elle décide de faire deux plongées à la suite, zut, je vais rentrer plus tard que je pensais, il nous faut vraiment des portables pour que je puisse prévenir Val dans des coups comme ça. Plongées plutôt sympa (mais à la deuxième plongée, je ne peux m’empêcher de passer devant… Pas très fair-play mais je réalise trop tard. Retour au centre, le boss me demande mes impressions. Je lui réponds d’un air blasé, « rien n’a changé ! ». Demain, je prends un client en charge, niveau de base et une vingtaine de plongées à son actif, classique. 14h15, je remonte chez nous. Ma petite femme chérie m’a préparé un bon repas que je dévore même si la mer a déjà dénaturé mes papilles, il faut qu’on achète du sel.
Ludo, un instructeur français qui va travailler avec moi passe nous dire bonjour, on lui offre un café et nous bavardons.
Après son départ, nous partons en famille pour prendre le rendez-vous de Val à la maternité. C’est dimanche et comme tout va bien, ils nous disent de revenir demain matin entre 7h00 et 12h00 pour prendre le rendez-vous.
Nous mettons un peu d’essence dans la voiture (1€09 le litre de sans plomb) et nous allons nous promener à Dwerja (Douéra), l’un des plus beaux paysages de l’ile avec son Azur window et crocodile rock. Retour à la maison, cuisine en route et récit de notre journée pour les coupines.
Lundi 17 mars
Ce matin je suis réveillée par la pluie, c’est rare mais ça arrive. Et des bruits d’explosifs m’arrivent aux oreilles ???? késkecé ???? Alain me dit à moitié réveillé : ce sont des feux d’artifice. Mais oui des feux d’artifice à 5h45 du matin, et la marmotte c’est elle qui allume les fusées aussi !!!! Il se fout de moi ou quoi ? Il rit et me répond que sur une des collines de l’île il y a une poudrerie qui fabrique des feux d’artifice. Ah je comprends mieux mais ils pourraient pas faire leurs essais une heure plus tard ????
Nous déjeunons, bacon et œufs brouillés et jus d’orange frais avant de partir pour l’hôpital. Nous nous dirigeons coté maternité, la dame nous explique qu’il faut aller à la réception prendre rendez-vous pour voir le gynécologue. Nous traversons un couloir d’où nous parviennent des bruits de nourrissons affamés et en colère ! ! ! Une porte vitrée, j’aperçois un tout petit de la nuit surement, encore rouge et pas encore habillé. C’est mignon. A la réception on me demande mon numéro d’identification de l’hôpital, évidemment je n’en ai pas, je dois aller m’en procurer un dans un autre bureau. Je reviens et on me fixe rendez vous lundi prochain à 8h30… L’hôpital en lui-même est assez vieux, on dirait un hôpital des années 70, mais le coté maternité est assez moderne, même le plus moderne de tout l’hôpital. J’attends toujours qu’on m’annonce où je vais accoucher, le nouvel hôpital Mater Dei de Malte étant le plus moderne d’Europe ne me déplairait pas…
Nous rentrons et Maxime qui est toujours malade a saigné du nez dans la nuit, il est couvert de sang sec. Je suis un peu déboussolée et apeurée. Je le lave, il me parait tout maigre. Je vais prendre soin de lui aujourd’hui et s’il le faut nous retournerons chez Mario cet après midi. Nous reprenons quelques conjugaisons avec les petits et une rédaction avec les grandes.
Alain ne rentre toujours pas mangé, sa collègue une instructrice d’une soixantaine d’année lui fait enchainer les deux plongées du jour.
Il rentre vers 15h30, le temps de bricoler un peu sur le bateau et nous partons en ville. Ca fait deux jours que je demande à Alain de m’emmener voir un magasin de puériculture, Katell’Ann n’a toujours pas de lit ! ! ! ! Nous rentrons dans un magasin, assez grand et qui fait magasin de jouets aussi. J’ai un peu de mal, ici ça n’est pas aussi clairement rangé que chez Aubert ou bb9 en France. Il y a des poussettes partout et des pancartes « FREE », je sais bien que ça veut dire gratuit mais n’y porte pas trop attention. Une vendeuse s’approche de nous, nous lui expliquons que nous avons besoin d’un lit, des draps et de quelques petites affaires aussi. Elle nous montre les lits, ici ce sont des tailles italiennes, ils font 65X125. j’en vois un beau qui fait balancelle et qui peut être fixe avec des roulettes, équipé d’un tiroir, une flèche avec un superbe ciel de lit en vichy marron et tissu beige, des petits nounours, le tour de lit, la housse de couette, les draps, tout est superbe. Vu le prix que cela doit couter, je ne regarde même pas l’étiquette. Je m’inquiète du prix d’un matelas. Les vendeuses ont compris qu’il nous fallait de l’aide alors elles nous envoient la patronne. C’est une jeune femme très sympathique et contrairement aux français, qui te vend ce dont tu as besoin et ne pousse pas à l’achat. Elle m’annonce le prix du matelas. « Forty » je regarde Alain, Pardon ???? Forty euros ??? Yes. Le matelas bb double face : 40€ . Je suis ébahie. là je jette un œil sur les prix du beau lit que j’ai vu. Ce lit qui chez Aubert vaudrait au moins 250€ nu sans matelas, je vous le donne en mille : lit + sommier + tiroir + matelas +,flèche de lit + housse de couette + tour de lit + ciel de lit + la couette, tout cela pour 370€ et en cadeau (les fameux FREE) elle m’offre les draps coordonnés et une couverture. Je suis très heureuse de ma commande, en France je n’aurais jamais pu acheter tout cela à ma pépète. Alain me voit radieuse il est heureux aussi. Je regarde les prix des autres babioles dont nous avons besoin : le tire lait électronique Avent dans sa trousse avec els bib est à 39€, le stérilisateur vapeur électronique à 69€. je les commande aussi. La dame me demande si j’ai eu la liste de la maternité d’ici, je lui répond que non puisque je vois le gynéco que lundi, elle me tend une feuille de l’hôpital et là, surprise !!!!! Il faut tout amener, plus qu’en France, je commence à me demander si j’ai bien fait de commander le lit !!!! donc elle m’explique qu’évidement elle vend tout ce qui se trouve sur la liste (je n’en doute pas) je regarde Alain inquiète, il me fait signe, de regarder et comparer les prix. je commence par rayer de la liste tout ce que j’ai déjà : bodies, bibs, tétines, soutien gorges d’allaitement etc… la liste se raccourcit. Ouf. Je regarde avec elle tout se qui me manque, on doit amener sa couverture, son éponge, les produits de toilettes, les couches, les serviettes, tout quoi …. en regardant les prix je suis soulagée, 1€ la paire de petits gants en coton, ou la paire de chaussons. 3€ la brosse et le peigne etc… ouf les prix sont très bas, je m’en sors pour une commande de moins de 100€ tout compris. En cadeau elle m’offre un pyjama pour allaiter et un sac de voyage pour la maternité, sympa !!!! je suis contente et lui explique que je vais venir payer tout ça début avril avec ma prime, elle me dit ok, je vous livrerai le même jour ??? En plus elle va tout livrer à la maison c’est génial. Nous rentrons en faisant deux, trois courses, super, je suis rassurée….
Mercredi 18 MARS
Je suis fatiguées, je n’ai pas envie de faire école ce matin, en plus j’ai plein de légumes à éplucher et je n’ai même pas un couteau. Je prends mon courage à deux mains et j’embarque tout le monde dans l’espace, ce matin on va trainer les boutiques. Nous arrivons à Victoria sans mal, le centre commercial n’en est pas un en fait, c’est comme les galerie Lafayette, tout est rangé par stand de marque. Les filles y retrouvent Morgan et moi Orchestra ! ! Nous achetons un couteau de cuisine, un économe et une petite table à repasser. De retour à la voiture, mince une prune, je comprend pas pourquoi sur le coup. En fait le panneau juste devant moi avec l’horloge ne m’indique pas les heures de stationnement autorisées mais qu’il faut stationner avec un system de disques, évidemment je n’en avais pas. J’ai les larmes aux yeux, Alain va certainement m’enguirlander !!! Je rentre avec une boule dans la gorge, arrivés devant le centre, je le vois qui change de pièce, j’en profite pour aller voir Joe et Diana. Je leur montre ma prune. Ils rient (mais c pas marrant !!!!) Joe me dit, ils n’ont pas d’adresse ici correspondant à ta plaque donc ne paie pas la prune. Alain arrive dans la boutique, hum hum. Ca va il ne dit trop rien, je suis rassurée. Joe le rassure comme moi et Diana m’explique où acheter un disque d’ici. Je rentre. Je prépare mon caviar d’aubergines et mes carottes râpées. ouffff des légumes.
Cet après midi je vais avec Alain car au local ils ont une machine a laver, je vais faire deux lessives.
16H, Alain rentre, et décide d’emmener les enfants faire du bateau dans la baie, moi je ne peux pas les vagues sont encore trop hautes et le bateau saute. Je vais en terrasse boire une pinte de coca. Je me relaxe, la titite bouge beaucoup.
Soirée tranquille, Ludo est passé nous voir, nous le gardons à manger, le pauvre il est tout seul, c la moindre des choses.
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