Inscrit le: 04/10/2007 Messages: 370
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Vous comprendrez en lisant ce mail que je vais lui envoyer :
"Je vais en rester là, Eric.
Peut-être suis-je douée pour masquer mes sentiments et mes émotions, mais ça devient trop difficile. Et je sais que tu n'es pas dupe.
Je voulais voir si tu serais capable d'aller jusqu'au bout alors que tu savais que ce serait horrible pour moi. Tu voulais me confronter à ta réalité, à la façon dont tu vivais et voyais notre "relation", c'est ça ? Pourquoi être allé jusque là, Eric ? Parce que j'étais ta chose et qu'une chose, ça ne souffre pas ?
Te voir avec cette "Vicky" dont tu semblais avoir tellement envie aurait été un supplice insoutenable pour moi. Voir ton sexe se dresser pour elle, devant moi. Te voir la prendre comme tu me prenais, moi. Voir ton sexe dans sa bouche. Rien de moins qu'avec moi. Elle méritait même une heure de plus que moi... Une heure de plus pour ce rendez-vous avec elle. Une heure de plus que lorsque que nous nous rencontrions... Je vais m'épargner une humiliation : je n'ai pas besoin d'assister à cette scène - et encore moins d'y participer - pour savoir que je n'étais rien de plus que cette femme pour toi.
Le truc le plus fou que j'aie fait avec toi ? Sûrement pas cette séance de sexe glauquissime que l'on s'apprêtait à faire avec cette nana. C'est d'avoir accepté de te rencontrer il y a quelques années maintenant ; que tu viennes me rejoindre au bureau ce jour-là et faire l'amour avec toi alors que je ne savais même pas, quelques minutes auparavant, à quoi tu ressemblais. J'étais pressée de savoir si ce qui semblait se passer au téléphone serait bien réel. Et j'ai su...
Philippe ou un inconnu pour moi ; une autre femme pour toi... Me connaissais-tu un peu ? Es-tu fin psychologue ? Peu importe... Tu avais raison : je n'en avais pas envie. Pas de cette façon... Pour moi, qui me serait sacrifiée pour te garder, ça aurait été un "jeu" émotionnellement déchirant. Je t'aurais suivi parce que je craignais que tu me jettes comme une vieille merde. Parce que je refusais d'intégrer que la fin de notre aventure était proche. Que l'on passe à l'acte ou pas.
Contrairement à ce que j'ai bravement voulu te faire croire, je n'avais aucune envie de Philippe, ni d'aucun autre homme. Toi seul me donne l'envie d'être touchée, caressée. J'étais pourtant déterminée à aller jusqu'au bout. Au bout de ce que je ne suis pas. Pour contribuer, tout à fait consciemment, à me rendre la chute encore plus insupportable et essayer de me libérer de cette folle dépendance que tu es pour moi. C'était la seule solution pour me détester. Et pour ENFIN t'aimer moins, ne serait-ce que le temps de ce trio infernal.
Notre longue conversation au téléphone, avant les vacances... Bravement, j'avais joué la fille légère et détachée. Bravement... J'étais contente ce jour-là lorsque tu m'as dit que tu n'aimerais pas me voir avec Philippe, parce que j'étais TA maîtresse, pas la sienne ; parce qu'il n'aurait pas de limites et que tu ne voulais pas que ça se passe ainsi avec moi, etc... Quand tu m'as dit qu'il allait chercher une femme pour vous deux le jour où il est venu ici, ça a été horrible pour moi. Horrible de t'imaginer avec lui et une autre... Alors bravement, je me suis proposée. Et il a suffit que je t'affirme que j'en avais très envie pour que tu acceptes... Pourtant, tes questions, sur le tchat : "tu en as envie ? Pourquoi ? Avec lui et moi ? Vraiment envie ?", je suis presque sûre que tu savais que je ne le voulais pas réellement. J'attendais ton coup de fil et j'en avais la nausée. La nausée à l'idée qu'il dise oui et que ça te plaise, la nausée à l'idée de ce que j'allais ressentir...
Ton mail qui avait précédé cette conversation en juillet : effectivement, tu savais... Tu savais que j'aime plus que tout ce que tu es et ce que tu me donnes. Tout comme tu sais que c'est extrêmement douloureux pour moi depuis ce mail. Parce que tu n'y as pas seulement clarifié notre liaison, tu as aussi exprimé que tu t'en lassais. Je vais donc te faciliter la tâche, Eric. J'arrête là.
Je savais aussi. Je savais que c'était inéluctable. Je m'y attendais. Mais pas comme ça... Etait-ce bien utile de m'asséner ta réalité - réalité que je n'ai jamais ignorée - de cette façon, sans prendre de gants ?
Qu'est-ce que j'ai bien pu dire, faire ou écrire qui t'ai déplu au point que tu juges nécessaire d'être si incisif en recadrant notre relation ? Je ne méritais pas ça... Si ? Pas comme ça...
Qu'est-ce que tu croyais, Eric ? Que suite à ton mail - dont je connais chaque ligne par coeur tellement il m'a fait mal - j'allais me dire : "mais où avais-je la tête ? Evidemment que je ne ressens rien pour cet homme !" ???
Je vais répondre à ton mail. Parce que les mots sont importants pour moi. Des mots que je vais poser ici, alors que je voudrais à la fois les taire...
Mon histoire, c'est celle, tristement banale, d'une maîtresse amoureuse de son amant. Follement amoureuse, comme une conne.
Mon amant, pas mon plan Q. Je n'imagine un plan Q que comme hygiénique et j'ai la chance d'avoir une libido qui n'exige pas cet exutoire. Je ne t'ai jamais réduit à ton sexe. Jamais. Même si j'adorais ce dit-sexe. Au-delà de l'érotisation, de l'essence même de cette aventure, tu étais Eric. Avec ce sexe bien sûr, mais aussi ce sourire... Avec cette voix, ces yeux, ces mains, ce torse, ce ventre, ces fesses... Je me délectais de faire l'amour avec toi. Du sexe qui, pour moi, rimait avec complicité, confiance, plaisir partagé, lien sensoriel, affectif...
J'aimais, j'adorais cette place : ta "maîtresse", ta bulle de liberté peut-être... Et je crois qu'aucun mot ne résume mieux ce que tu représentais pour moi : ma déraison.
Il suffisait que je te voie pour occulter immédiatement la souffrance des jours précédents et celle des jours à venir. J'étais tellement accro, tu comptais tellement pour moi que je profitais du plaisir de l'instant, en évitant de penser au "pourquoi" de ta présence à mes côtés : un supplice de Tantale que je me suis ingligé, comme pour me convaincre que je ne méritais pas autre chose.
Le plaisir et les orgasmes que j'ai éprouvés avec toi ont toujours été très forts, extrêmement intenses... Intense, "l'après" l'était aussi. Intensément douloureux et humiliant. Cette distance physique entre nous, ce silence... Comme si le fait de me toucher "après" te répugnait, comme si tu regrettais ce moment passé avec moi... Douloureux et humiliant, mais c'était le prix à payer pour t'avoir à moi de temps en temps. Un prix que j'ai payé parce que c'était toi. Toi et pas un autre. Toi, mon amant, mon plaisir, mon interdit... Parce que ce qui me poussait vers toi était bien plus fort que ma raison qui me disait : "Tu ne devrais pas... Arrête ! Tu vas souffrir..."
Autant que cette souffrance que j'éprouve depuis des mois, ce qui a été très difficile, c'est de sentir que je ne te plaisais pas. Ce n'était pas de moi, de mes formes, dont tu avais envie... La preuve aujourd'hui avec cette nana. Moi ou une autre : aucune différence pour toi. Je le savais. J'ai toujours su que tu ne me baisais que pour ma disponibilité. Ton mail n'a fait que me le confirmer. Et il t'aura fallu deux ans pour me le dire. Deux ans...
La facilité avec laquelle tu m'as rayée de ta vie du jour au lendemain au moment de ton départ avorté pour le Sud-Ouest... Tu es revenu au moment où je m'y attendais le moins. Je savais que c'était dangereux, mais rien n'aurait pu m'empêcher d'aller vers toi. Rien. Pourquoi être revenu après ce long silence, Eric ? Pourquoi ? Parce que ça te flattait de savoir que j'allais courir dans tes bras ? Parce que je n'étais donc qu'un bout de viande qu'on fourre ? Parce que tu savais que je n'aurais jamais rien fait contre toi, tant je craignais de te perdre ?
A l'instant, j'ai fait un grand pas. Un pas dont je ne me croyais pas capable. J'ai supprimé le seul lien tangible qui me rattachait à toi : j'ai effacé l'intégralité de notre correspondance. Ce qui pour moi était pourtant inimaginable. Tous ces mails que j'avais espérés, attendus interminablement. Ces mots qui décrivaient tes envies.... Tu ne me disais donc que ce que je voulais entendre ? Là aussi, tu faisais semblant ?
Ces mails auxquels je tenais tellement parce qu'ils étaient un peu de toi... J'ai tout supprimé. Plus de 1300 mails à la corbeille, avec le sentiment de tuer cette histoire et une partie de moi-même. Il ne restera donc rien de tout ces mois. Aucune trace. Et je serai la seule à pleurer une histoire qui n'en était même pas une. C'est fini. J'en crève, mais c'est fini.
Le Club, ce lieu magique où j'ai aimé aller avec toi... Si j'avais été complètement idiote, j'aurais pu voir dans tes invitations une connivence flatteuse. Certes je suis amoureuse, mais pas idiote. Ce n'était manifestement pas avec moi que tu avais envie de passer une soirée. on le sait tous les deux, Eric : la seule raison pour laquelle tu m'as "invitée", c'est pour que je t'aide à réaliser ton fantasme.
J'ai attendu. Attendu que tu me dises qu'il s'agissait réellement d'un fantasme. D'un fantasme que tu voulais vivre avec moi. Tu me l'as dit, mais rien n'est moins sûr aujourd'hui : là aussi, tu m'as dit ce que je voulais entendre.
Si j'avais senti que tu me considérais un tant soit peu autrement que comme une partenaire de jeux sexuels crédule prête à tout pour satisfaire tes désirs, je serais allée jusqu'au bout. Pas pour toi. AVEC toi. Parce qu'il s'agissait d'une expérience d'une intimité et d'une complicité renversantes que j'aurais adoré partager avec toi. Parce que - je le voyais ainsi - la réalisation de ce fantasme aurait généré une autre "dimension" dans notre aventure : on aurait vécu quelque chose de particulier, ensemble. Hélas... J'ai su alors que pour toi, ce n'était que l'envers d'une relation basée sur le sexe.
Tu réaliseras ton fantasme, c'est certain. Sans moi. Et je sais que ça ne te posera pas de problème : tu piocheras dans ton réseau de plans Q et tu y choisiras une très belle partenaire, digne de toi.
Je t'aimais. Je t'aimais tellement... C'est con, je sais. Même au paroxysme du plaisir que tu me donnais, je devais lutter pour réprimer ces mots, parce que je savais que si je les avais laissé échapper, j'aurais reçu ton silence apitoyé...
Je n'aurai qu'un regret : celui de ne pas avoir été capable d'engager un dialogue avec toi. J'aurais aimé parler avec toi. Pas pour évoquer un "nous" qui n'existait pas : juste TE parler. De femme à homme. De Katia à Eric. Pas de maîtresse à amant... TE regarder. TE parler. Pour voir tes forces et tes faiblesses sous l'homme avide de sexe. Pour aussi te montrer un peu, juste un peu, qui était l'autre Katia. Tu as connu celle qui aurait tout fait pour gagner un moment avec toi. Toi, ma faiblesse... Je ne suis pas que celle-là, Eric. Et, à défaut que tu ne devines "l'autre" sous cette légèreté dont tu as fini par te lasser, j'aurais aimé te la faire connaître. Tu l'aurais peut-être appréciée, elle...
J'écris comme je t'aurais parlé si j'avais pu. Comme si j'avais le droit de te dire tout ça. Tu penseras que mes mots sont trop forts et écrits sous le coup d'une émotion exacerbée... Oui, je suis émue et oui, mes mots sont forts. Mais je pense chacun d'entre eux. Et je les assume.
Je savais que je n'étais qu'un plan Q pour toi. L'emploi, dans ton mail, à 2 reprises, de ce "évidemment" si méprisant pour me le faire comprendre n'était pas utile : je le savais. Je l'ai toujours su. Ce que toi tu n'as pas compris, c'est que je n'avais pas besoin que tu éprouves quelque chose pour moi... Jamais je n'aurais voulu une autre place : une telle histoire ne peut se vivre que dans la clandestinité. Et c'est ce que j'aimais aussi. Je ne t'ai jamais rien demandé, Eric. Et je ne t'aurais jamais rien demandé. Tu ne l'as pas compris...
Je vais être honnête, ce dernier mail s'y prête : j'aurais aimé être ta maîtresse. Plan Q, maîtresse : la frontière est nettement moins ténue qu'elle ne le paraît. Si j'avais été ton amante, c'est parce que tu m'aurais choisie pour ce que j'étais. Et ainsi peut-être aurais-je eu la chance de t'entendre me dire que tu aimais quelque chose en moi : mon parfum, ma chaleur, ma douceur ou mes seins ; mon ardeur, ma façon de bouger ou celle dont je te regardais...
Tu ne m'as pas choisie. Jamais tu ne m'as dit si tu aimais une infinitésimale parcelle de ce que je suis. Et pour cause : je n'étais qu'une rencontre de hasard, un corps facile qui ne te plaisait même pas, mais que tu savais entièrement dédié à ton plaisir. J'aurais juste aimé, j'aurais eu seulement besoin de sentir que tu me faisais l'amour parce que tu avais envie de moi. Vraiment de MOI. Pas parce que tu me savais dispo pour toi... Comment tu as fait pour me baiser pendant 2 ans, Eric ? Comment tu faisais ?
Comme si je n'avais plus aucune emprise sur ma propre volonté, ce que j'éprouve pour toi dépasse l'entendement, me dépasse. Tout ton toi était source de plaisir et me faisait chavirer. Cette passion pour toi m'a saisie et projetée de tous les côtés comme dans une mer houleuse. Une passion incontrôlable et destructrice. Deux ans passés à osciller entre exultation et joie intense, doutes et manque... Pour finir par cette tristesse et ce vide immenses, au moment où je renonce.
Tu ne répondras pas à ce mail. ça aussi, je le sais. Que pourrais-tu me dire que tu ne m'aies pas déjà fait comprendre, d'ailleurs... S'il y avait quelque chose à retenir de ces lignes, ce serait ceci : je voudrais juste que tu comprennes que je n'étais pas une nana légère comblée par une relation hygiénique. J'étais Katia, adorant le sexe avec Eric et silencieusement, passionnément amoureuse de lui.
on est à l'aube d'une journée ordinaire. Epuisée et désespérée d'avoir lu il y a quelques heures le bien que tu penses de cette nana, j'écris la fin de notre aventure. Aventure qui se termine laidement, aussi laidement que cette nana dont tu as tellement envie. Aussi laidement que moi...
Tu me demandais tout à l'heure si je la voyais comme une concurrente ? Si je n'étais pas si triste, j'en rirais : "Vicky29" aura sonné le glas "d'Ericka". Dis-le lui quand vous vous verrez (l'hôtel est réservé et payé, c'est mon cadeau), je sais que ça lui fera plaisir.
J'écris cette fin que je ne souhaite pas, à laquelle je ne suis pas préparée, et j'ai si mal que j'ai l'impression de me désagréger. Je voudrais tellement que cette douleur s'arrête et guérir de toi tout de suite... Et je sais que tenter de t'oublier est ma seule porte de sortie.
L'oubli, telle une issue de secours, pour une aventure qui a été belle et importante pour moi. Pourtant, il me semble impossible d'oublier le plaisir bouleversant que me procuraient ta simple présence, ton sourire, le timbre de ta voix... Impossible d'oublier toutes ces images de toi que j'aurais voulu garder pour m'en rappeler comme des moments magiques...
Plus tard, quand je pourrai penser à toi sans avoir le coeur et le ventre en vrac, je t'installerai au sommet de mes souvenirs précieux. Je garderai de cette histoire la fierté de l'avoir vécue : il paraît que tout le monde n'a pas la chance de vivre une relation illégitime aussi singulière. C'était à sens unique, mais tant pis. Je l'aurai vécue avec toi, grâce à toi.
Tout au long de l'écriture de ce mail, je me suis repassé le film de ces 2 dernières années. La gorge serrée, j'ai tout revu, de nouveau tout ressenti. Tout se mélange : le plaisir que tu m'as donné, celui que je croyais t'avoir apporté, et l'envie de toi que je sens, là, dans mon ventre...
Le film se termine à l'instant, sur un plan du rôle principal : tu souris, nu, splendide, un *** de polochon à la main. Le film est fini... Et la figurante, complètement sonnée, écrabouillée de tristesse, pleure.
Evidemment, je n'étais rien pour toi. Evidemment, je ne te manquerai pas. Ou si peu, que tu ne te rappelleras bientôt plus que j'ai traversé ta vie et que j'en suis sortie. CQFD...
Katia.
N.B. : Il me reste à te souhaiter plein de bonheur dans ta quête de plaisir. Il faut croire que je n'étais pas à la hauteur... Tu trouveras auprès de Vicky, Exhibelle, Zizanie, Cokine & co ce que je n'ai pas su t'apporter."
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